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Newsletter #3 – Objectif Amazone – Pichari

Bonjour à toutes et à tous, voici la troisième newsletter.

Désolé pour tant de tant sans nouvelles, nous dépendons des connexions locales …

Ca y est nous sommes enfin au bord de l’Apurimac en train de terminer notre radeau. Départ prévu demain Lundi. Depuis la dernière newsletter, beaucoup d’évènements se sont déroulés, dont la séparation avec nos lamas tantôt adorés tantôt détestés …

Quel accueil nous avons reçu à Cusco, nous n’aurions jamais imaginé une telle bienvenue même dans nos rêves les plus fous ! 2 minutes, 120 secondes pas plus. C’est le temps que nous sommes restés à Cusco. A peine arrivés sur la plaza de Armas, la centaine de touristes présents nous mitraillent de photos et de questions. Le temps pour nous de prendre une photo souvenir, nous faisons paître nos lamas après une journée pénible à traverser la périphérie cusquena. Je me dirige vers un policier pour lui demander le commissariat le plus proche (dans un commissariat, il y a un parking et dans les parking il y a de l’herbe, donc de quoi manger pour Bernard et Serge CQFD) en attendant de trouver un endroit plus convenable. Le policier une fois la situation exposée, me répond « oh regarde, je crois que les employés municipaux sont déjà en train de s’occuper de tes lamas » … merde alors ! En effet, ça ne fait pas deux minutes que nous sommes arrivés que déjà deux employés municipaux s’emploient à essayer de faire bouger Bernard. Bon courage à eux, en d’autres situations ça m’aurait fait rire sauf que là ils commencent à le frapper et Charly qui essaie de retenir les autres fonctionnaires qui sont en train d’embarquer Serge dans la bétaillère … Et oui c’est qu’ils ne sont pas venus seuls ni les mains vides ! 15 employés municipaux et une bétaillère pour embarquer les lamas et nous avec ! « Pas envie de discuter, vous dégagez !» « Ca ne nous intéresse pas ce que vous faites ici c’est interdit de ramener des camélidés ici » Pendant ce temps, la centaine de touristes continue à prendre des clichés. Ca va mal se passer, Bernard les oreilles déjà baissées, commence à gonfler les joues mais surtout, et ça sent le roussi, fléchit ses pattes pour attaquer …  Avant d’aller plus loin dans notre récit, nous devons vous expliquer : pour se défendre le lama baisse les oreilles pour avertir qu’on le dérange, charge sa bouche pour cracher, fléchit les pattes, et pour finir, saute les quatre pattes en même temps sur sa cible qu’il considère comme un danger. Les notre ne sont pas tres grands ni tres gros, mais peuvent causer pas mal de degats et envoyé un homme à l’hopital sans probleme. Le lama reste un animal sauvage qu’il faut approcher avec précautions.

J’arrive à éviter de peu l’incident, Charly récupère Serge, nous pouvons repartir mais nous devons quitter le centre ville illico, sous surveillance des employés municipaux. Le lama, emblème national (il figure sur le drapeau péruvien) n’a plus sa place dans l’ancienne capitale Inca, livrée à l’industrie touristique de masse. Nous ne restons pas longtemps, et continuons notre route vers le Machu Picchu, en espérant recevoir un meilleur accueil à Aguas Calientes.

Nous sommes passés au Machu Picchu après 600 km de marche à pied à travers la cordillère et avons ressuscité un chemin millénaire oublié de nombreux péruviens mais au combien vital à une époque où les voitures n’existaient pas encore : la route du maïs.

Avant d’arriver à Aguas Calientes, ville touristique au pied du Machu picchu, il nous aura fallu passer illégalement de nuit dans le parc national par la voie de chemin de fer. Voici le choix qui s’offrait à nous : faire un détour de deux semaines de marche et arriver de l’autre coté à 10 km de Aguas Calientes mais dans l’impossibilité de passer avec les lamas en raison de contrôles sévères dans cette zone et donc nous serions passés à côté du Machu picchu. Ou passer de nuit le long de la voie ferrée qui menait directement à Aguas Calientes en seulement 8h00 de marche. Notre choix a été vite fait. Il y a deux points de contrôle importants : au km 82 et au km 88. De nuit, après avoir attendu le passage du dernier train nous sommes passés. Nous avons quelques petites frayeurs avec quelques chiens aboyant pour donner l’alerte mais rien de grave. Cette marche de nuit fut mémorable pour nous et les lamas. Nous nous sommes rendus compte que dans le noir, les lamas ne voyaient rien et qu’ils passaient les ponts les plus instables qui soient sans moucheter. Ils ont d’ailleurs marcher d’un bon pas (contrairement à nous où même l’adrénaline ne suffisait plus à nous maintenir en éveil) jusqu’ aux premières lueurs du jours où ils ont commencé à nous faire quelques caprices. Las de se battre avec   eux pour passer les ponts, nous les faisons passer par les fossés. Premier train à 6h00. Tous dans le fossé. C’est bon, c’est passé. Un deuxième, tout juste. Bernard commence à faire celui qui ne comprend pas. Il en a marre, nous aussi. Il nous manquerait plus qu’il arrête une loco ! Là, on serait cuit. ! L’entité touristique de la réserve du Machu picchu serait inévitablement au courant et nous serions repérés. Bons pour une amende (très) salée et une expulsion manu militari de la zone. Un troisième train, nous avons toutes les difficultés du monde à le ranger sur le coté. Il fait l’exact inverse de ce que nous attendons de lui. Il y a un peu d’herbe devant lui pourtant il a une envie irrésistible de brouter celle qui se trouve de l’autre côte de la voie. Petit blatèrement, il file, impossible de le retenir. Le train approche, Bernard s’arrête en plein milieu de la voie. On essaie de le pousser impossible de le pousser ni d’un coté ni de l’autre. La loco siffle l’urgence. On se range,, on serre les dents, la loco freine tant qu’ elle peut Bernard rumine impassible. « C’est pas possible il peut pas être suicidaire  à ce point ! » Avons-nous été si mauvais avec lui. C’est fini, il va finir en steak. HIIIIIIIIIIIII ! Contre toute attente, le chauffeur a réussit à arrêter le train pleins de touristes à 30 cm du ruminant qui s’avance maintenant brouter son herbe. « Quel con ! Tu vas finir à la boucherie Bernard ! T’entends ? A la boucherie et on te bouffera avec des frites ! » . Situation exceptionnelle, comportement exceptionnel, le chauffeur ne sait pas s’il doit lui-même rire, pleurer ou nous passer un savon. Déjà les touristes prennent des photos par la fenêtre.  On s’en sortira avec un « Faites attention de bien marcher sur le coté ». C’est fini, là c’est sûr la sécurité nous attend à Aguas calientes. Encore 15 km.

Un tunnel, pas de chemin piéton, Vite, vite ! Bernard ! Bernard, « quel idiot !», ses sacs par terre, il a apprit dans la nuit à se débarrasser de sa charge en donnant des coups de fesses dans les dénivelés. Juste le temps de traverser le tunnel et de ramener les sacs jusque la sortie du tunnel, un train arrive. Tout le monde dans le fossé, on fait le point. C’est bon rien de perdu, pas de blessé. Une locomotive d’entretien s’arrête à notre niveau. Les cheminots rigolent bien en nous voyant « Attention à vous mettre bien au bord, bonne route ! ». On peut plus continuer comme ça, on a tous besoin de repos. Je part en éclaireur voir à quoi ressemble la route pour les deux prochains kilomètres. Une petite ferme à un kilomètre et demi, parfait ! Sur le retour, je passe devant le panneau qui indique la route de l’Inka trail à gauche.  Le temps que j’aille jusqu’ à la ferme et que je revienne, il est 8h00 et un employé de tourisme a prit son poste. Il finit sa nuit, c’est bon je passe sans le réveiller. Ca doit être le dernier check point. On se dépêche de passer avec les lamas devant le préposé, merci la Cusquena (Bière péruvienne de Cusco dont abusent régulièrement les péruviens)

Sieste d’une heure dans la ferme et on termine les cinq derniers kilomètres. A vouloir éviter les trottoirs pour ne pas être, croyons nous, cueilli par la sécurité du parc national qui doit nous attendre, nous avons pris un petit pont qui menait vers un petit sentier.

« Que faites vous la ? » déjà le garde a son téléphone (qui prend aussi des photos à moins que ça ne soit un appareil photo qui téléphone aussi ?) et nous prend en photo. Un grand barbu élégant avec un léger accent nous demande la même chose derrière nous. Cet accent on le connaît. « Vous êtes français ? »  « Et oui, je m’appelle Marc, je suis le gérant de cet hôtel ». Nous voici arrivés dans l’hôtel 5 étoiles d’Aguas Calientes. Nous pourrons laisser paitre les lamas à l’héliport et planter notre tente dans la « foret » d’Inka terra. Une douche (chaude) et au lit (sur nos peaux de moutons dans la tente). Dans l’après midi nous organisons nos 3 jours : Essayer de pouvoir entrer dans la 7e merveilles du monde avec nos lamas et  prendre des renseignements sur l’état des routes à suivre jusqu’à Pichari où nous attendra Yvan dans 2 semaines.

Impossible d’entrer au Machu Picchu avec nos lamas, nous ne serons pas d’ailleurs inquiété par la sécurité du parc, la présence de nos lamas à Aguas calientes ne semble étonner personne, bien que normalement totalement interdite. Ce n’est qu’au moment de sortir de la réserve que le check point, encombré, tentera de nous arrêter et de nous poser des questions qui n’obtiendront que des : « Hola, que tal ? Gracias ! Machu Picchu muy bien ! Adios ! ». Nous arrivons à Santa Teresa. Nous passons ne dessous de la barre des 2 000 mètres. La jungle fait son apparition avec sa faune et ses moustiques. Avant goût de ce qui nous attend pendant six mois sur notre futur radeau. Pour le moment, les lamas n’ont pas l’air trop perturbés par ce changement de climat. Nous savons cependant qu’il ne faudra pas trop trainer à cette altitude. Nous prenons l’itinéraire même s’il sera plus long, le plus haut possible. Nous remonterons chatouiller les 5 000 mètres.

Nous recevons à Huancacalle, dernière « ville » où nous capterons avant de redescendre dans la jungle, un coup de fil de Marc d’Inka Terra « C’est bon pour vos lamas, on vous les rachète pour notre programme de préservation, réintroduction d’espèces ». Super. Dans 3 jours, le responsable développement du groupe passera les récupérer pour les emmener passer une retraite confortable à 3 000 mètres. RDV à Pampaconas, dernière ville desservie par la route carrossable à l’ouest de Huancacalle.

Nous n’avons plus de bête de somme. Il nous reste encore une semaine de marche jusque Pichari. Nous devrons nous substituer aux lamas. Nous construisons un brancard pour faciliter le transport de notre équipement. « C’est pas possible, trop dur, on y arrivera jamais ! » « Si on essaie pas nous ne saurons pas, il faut essayer » «  mais ca sert à rien ! C’est trop lourd ! » Première friction entre Charly et moi.  On est fatigué, les nerfs lâchent un peu. Il est temps de faire une mise au point. Charly ne supporte plus mon coté jusqu’au boutiste pas plus que moi son coté « la flemme, pas le courage » expressions que je ne peux plus entendre !

Je dois faire des efforts pour lui laisser plus de place, c’est vrai que je ne dois pas être facile au quotidien.  Mais demande en retour qu’il soit plus courageux et optimiste.

J’ai l’impression de me retrouver dans les Andes à une journée de solex de la frontière Argentino-chilienne avec ma sœur deux ans en arrière. Les paysages sont par ailleurs similaires. Je lui ressors le même discours :

« A ton avis, pourquoi les gens nous aident ils ?

-       Je sais pas, j’en sais rien

-       Tu t es jamais posé la question ?

-       Non

-       C’est important de se la poser. Parce qu’on ose ce que beaucoup n’ose pas et n’oseront jamais entreprendre. Parce qu’on va au bout de nos rêves et de nos convictions. Parce qu’on se dépasse. Et on va aller jusqu’au bout parce qu‘ils comptent sur nous.

Je sais bien  que le brancard est beaucoup trop lourd, mais jusqu’à ce qu’on n’ait pas essayé de le porter, on ne pouvait pas savoir. A nous voir galérer comme nous le sommes, un homme s’approche de nous et nous demande ce que nous faisons. C’est vrai qu’il n y a jamais de gringos qui s’arrêtent dans ce petit village de 100 habitants en fin de piste. On lui explique la situation. « Pas de problème, je vais vous aider, je suis le responsable de l’entretient des routes du district. Demain venez à 8H00, je vous prêterai un cheval de bat et un guide pour vous mener jusqu’à Cerro verde à deux jours de marche. Là bas quelqu’un d’autre vous prendra en charge jusqu’à Villa Virgen. Là vous retrouverez l’Apurimac. Encore trois jours de marche et vous serez à Pichari. »

Pichari. Nous retrouvons l’apurimac. C est ici que nous avons construit notre radeau après 1 000 km à pied. Nous avons mis plus de temps que prévus. 3 semaines nous aurons été nécessaire. 1 semaine pour rassembler le bois et deux semaines pour assembler l embarcation. 10 jours de retard sur le planning mais le radeau et mieux profilé et plus léger que prévu nous devrions rattraper le retard sur 5 mois.

Nous avons retrouvé Yvan à Pichari. Yvan avait déjà fait une expédition sur l amazone en radeau en 2007. Il nous a donné un sacré coup de main pour la conception du radeau et nous initiera a la navigation sur le fleuve.

Bientôt le grand saut. Dans ses bagages, Yvan nous a ramené un peu de lecture. Entre guerre et paix et l’expédition du kon tiki, le récit d’une expédition sur l’eurinoque, affluent de l amazone au Venezuela : « Help ! ma croisière en amazonie ». Nous nous amusons à comparer la liste des dangers auxquels l’auteur devait faire face avec la notre. Contrairement a nous, pour qui pensions nous le plus grand danger réside dans le paludisme et donc les moustiques, l auteur a une peur folle du candirou (voir plus bas). Mais depuis que nous sommes dans la Vallée du Rio Apurimac/ Ene (VRAE), une autre peur nous saisie peu a peu. Jusque la le narco trafic ne nous faisait pas peur puisque les narco ne s intéresse pas aux touristes si on les laisse tranquille. Yvan avait déjà eu affaire a des situation similaire et dans la mesure ou personne ne veut de problème tout se passe bien quand on ferme les yeux … Le problème et qu’ici les militaire ont armé les indigènes et leur ont donne comme consigne de tirer sur tout navire suspect remontant le fleuve. On le descend ca devrait aller. Sauf qu’ il persiste encore quelques vielles croyance et quelques cas de cannibalisme. Une expédition russe en radeau sur le cochabamba tout proche, a mal finit. Il faut éviter si l on peut les campements de natifs. Nous qui pensions nous y arrêter au contraire tous les jours, c est raté. On pourra le faire mais dans une dizaine de jours seulement

Nous ne resistons pas à l envie de vous faire partager notre liste des dangers : pas de sangsues, mais on y retrouve à peu près les même dysenterie qu’en Asie, qu’elle soit amibienne et bacillaires, la fièvre jaune, les hématuries, la dengue, le paludisme, le cholera, la typhoïde, la rage, l’hépatite et la tuberculose, et autres gâteries supplémentaires. La maladie de chagas, par exemple, due à un protozoaire, le Tripanozoma crussii, et que véhiculent diverses espèces de réduves qui viennent vous grignoter le visage ou le cou, puis défèquent à proximité de la morsure une fois qu’ils sont repus. Cela vous démange, vous vous grattez, la friction répand dans votre flot sanguin les fientes de la bestiole et leur contenu de protozoaires, et dans un délai de un à vingt ans, vous commencez à vous éteindre, conséquence des lésions incurables infligées à votre cœur et votre cerveau. Ou l’onchocercose, transmise par la mouche noire des cours d’eau et causées par des vers microscopiques qui migrent dans votre globe oculaire et vous rendent aveugle. Ou encore les leishmanioses, un peu comparables à la lèpre, et dues à un parasite dont l’agent vecteur est un insecte de la famille des phlébotomes (à la saison des pluies, quatre vingt pour cents des militaires brésiliens envoyés en manœuvre dans la forêt en sont atteints). Faute de traitement rapide, la maladie vous ronge les doigts et les orteils. Et puis , il y a comme cette irruption de fièvre survenue dans l’état du Para au cours des années 60, laquelle fit passer de vie à trépas soixante et onze personnes , parmi lesquelles les membres de l’équipe de recherche dépêchée sur place pour en découvrir la cause.

Quant aux grosses bêtes, elles sont paraît-il plus inoffensives qu’on ne les imagine. Le jaguar vous tue en vous mordant la tête, mais seulement dans des circonstances exceptionnelles. Quand aux Lissamphibiens seules quelques vipères sont mortelles sans qu’on ait même le temps de se rendre compte qu’on ai été mordu, et n’attaquent que si l’on pose le pied dessus. La majorité des serpents ne vous laissant qu’une violente douleur allant d’une heure (dans le meilleur des cas) si vous disposez de l’antidote ou que vous ayez le temps de vous rendre dans le dispensaire le plus proche, à quelques jours alité fiévreux. L’anaconda, ne vous broie dans ses anneaux que si vous rejetez l’air de vos poumons, l’anguille électrique, ne vous broie une décharge de 640 volts que si elle a envie de se caler l’estomac, et le poisson-chat géant est porté à vous sectionner la cheville et vous arracher le pied, mais seulement quand vous nagez le crawl. Nous pourrions aussi citer ici aussi, les différente sortes de caïmans ayant élus domicile le long du fleuve : Caïman à lunettes (Caïman crocodilus), Caïman noire (Melanosuchus niger), Caïman de Schneider (Paleosuchus trigonatus), Caïman nain (Paleosuchus palpebrosus), Caïman à font lisse (Paleosuchus trigonatus). Les crocodiliens ont une réputation de mangeurs d’homme et peuvent en effet présenter un véritable danger. Ils deviennent particulièrement dangereux pendant la période de reproduction, durant laquelle il protège leur territoire contre tout intrus. Ainsi ils attaquent parfois des pirogues traversant leur territoire sans forcément s’en prendre aux passagers. Des cas plus sérieux d’humains se baignant ou lavant du linge dans la rivière et emportés par un crocodile se produisent aussi régulièrement.

D’une façon générale, ce sont les petites bêtes qui vous causent le plus de tracas. Moustiques, mouches noires, mouches tapir, leptes, tiques, oestres (tunga penetrans et Dermatobia hominis, entre autres) dont les larves vous forent la peau, comme une galle, et vous pignochent du bout des dents pendant 40 jours avant de refaire surface sous la forme de vers de 30 cm.

Pour Redmon O’Halon, ce qui le taraudait, ce qui le hantait jour et nuit, c’était le poisson cure-dent, ou candirou, minuscule sciure vivant en parasite dans les branchies et l’intestin terminal des gros poissons. Si vous avez la maladresse d’uriner en nageant, le premier candirou en mal de logis, attiré par l’odeur, vous prendra pour un gros poisson et remontera dare-dare le courant d’acide urique que vous laissez derrière vous pour se faufiler dans votre urètre comme un ver en sa galerie, et là, déployant les opercules de ses branchies, il vous sortira toute une batterie de dards recourbés. Plus rien à faire. La douleur paraît-il, est inimaginable. Il faut vous faire hospitaliser avant que votre vessie n’éclate … et vous résigner. Redmon O’Halon avait eu cette phobie jusqu’à se faire confectionner une coque de protection formé d’une coquille de protection de joueur de cricket et d’un chinois censé filtrer ce qui pouvait ou non entrer en contact avec son organe.

Finalement, comme pour nous sa plus grande peur sera le contact avec les natifs dont on ne peut jamais prédire les réactions.

Les fêtes de fin d’année approche, nous le passerons au milieu de la jungle entre Pichari et Antalaya. Cela nous fait bizarre de les passer sous les tropiques en saison des pluies. On a l impression que le temps s est arrêté depuis notre départ et pourtant il n’a pas arrêté sa course.

Joyeux noël et bonne année à tous !

PH, Charly et Yvan

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Newsletter #2 – Objectif Amazone – Cuzco

Cela fait maintenant presque un mois que nous marchons. Les connexions internet ne sont pas légions dans les montagnes que nous venons de traverser et lorsque nous en trouvons une, le 56 K n’est pas loin … encore faut-il qu’il n’y ai pas de panne d’électricité.

Nous sommes arrivés dimanche dernier à Cusco, ancienne capitale de l’empire Inca. Hasard du calendrier, nous y arrivons quasiment deux ans jour pour jour depuis mon premier passage en Solex. Le WE de la toussaint. Après 400 km de marche à pied en compagnie de nos lamas, nous commençons tout juste à réaliser la signification que peut avoir notre voyage pour les péruviens. Outre la descente de l’amazone de la source à l’embouchure, nous ressuscitons aussi par la même occasion une ancienne route inca : la route du maïs. Nous venons de terminer la première partie de notre trajet. La route du maïs commence sur la cote pacifique du Pérou, passe par le Colca où nous avons commencé notre expédition et termine à Cusco. Les peuples de la côte cultivaient le maïs tandis que ceux des hauteurs la pomme de terre. Les caravanes parcouraient ce chemin tantôt chargées de féculents, tantôt de céréales. Sur le chemin nombreux ont été les péruviens âgés à nous demander ce que nous vendions. De tous les témoignages que l’on a pu récolter, les dernières grandes caravanes a être passé remontent aux années 1970. Elles sont à présent remplacées par les voitures beaucoup plus pratiques et rapides.

Le Pérou se développe rapidement, nous croisons régulièrement des routes en construction pour désenclaver les communautés isolées des montagnes. Elles se regroupent d’ailleurs de plus en plus pour former des villages et ainsi bénéficier de l’électricité. Les panneaux solaires n’ont pas encore fait leur apparition et les pilonnes électriques coute cher à implanter pour seulement une ou deux maisons isolées.

Depuis Lari, ville où l’amazone prend sa source, nous avons effectué quelques haltes pour que les lamas puissent se reposer. Nous essayons d’aménager un jour de repos par semaine. A l’époque des caravanes, les péruviens effectuaient le trajet Lari-Cusco en 10 jours en coupant par les crêtes. Nous avons parfois retrouvé les sentiers qu’ils utilisaient alors mais un grand nombre d’entre eux ont disparu avec le temps. Nous coupons alors à l’instinct par les sommets et les vallées. Nous suivons un fleuve, l’Apurimac qui file au nord. Pour s’orienter le soleil est notre allier mais lorsque les nuages se pointent, la boussole nous permet de garder le cap. Souvent nous arrivons dans les communautés par les champs. A priori, il n’y a pas de chemin, mais beaucoup de passages existent pour qui sait reconnaitre les sentiers tracés par les paysans pour aller aux champs ou par leur animaux pour le labourage. Les tracteurs que nous avons croisés se comptent sur les doigts d’une seule main. D’ailleurs à quoi leur serviraient-ils dans les montagnes, où le terrassage des terres cultivées consiste a avoir un champs à 45 ° (toujours mieux que 60°).

Les villageois hallucinent parfois de voir deux gringos arriver de nul part avec deux lamas (il n’y en a pas partout) et capable de s’orienter parfois mieux qu’eux dans des zones où jamais personne ne passe. Ils ne connaissent en général pas plus de 10 km autour de leur maison. Pour ceux qui se sont déjà rendu dans la ville la plus proche, en général à minimum deux heures de voiture, ils ne connaissent pas (ou plus) les anciennes routes de montagnes. Les réactions à notre arrivée sont donc diverses, certains hallucinent, d’autres sont partagés entre stupeur et admiration, et enfin, et ils représentent la majorité des communautés que nous avons croisé, ils restent sur la défensive et ont peur. Peur de l’étranger, de l’inconnu. Il y a encore peu de temps de cela (environ 10 ans) le sentier lumineux (Groupe terroristes communiste) commettait des exactions partout dans les campagnes péruviennes. Beaucoup de péruviens ont perdu des proches à cette période. Nous marchons à l’aide d’un bâton de marche au bout duquel flotte les drapeaux péruvien (rouge, blanc, rouge) et français. Peu des adultes que nous rencontrons ont fait des études ou sont allés au bout de leur scolarité. Ils ne reconnaissent pas le drapeau national et le confondent avec la bannière rouge du sentier lumineux. Quant au drapeau français, avec celui de leur ennemi de toujours : le chili (triangle bleu ceint d’une étoile blanche, sur fond rouge et blanc).  Après arrive l’entretien avec un de leurs représentants, nous sommes bons pour une heure d’interrogatoire avant de pouvoir continuer notre chemin.  « Qui êtes vous ? » « Que faites vous ?» « Qui vous a donné l’autorisation de traverser notre communauté ? »

A cette dernière question, nous arrivons en général à calmer les esprit en sortant nos passeport. Ils n’en n’ont jamais vu de leur vie, c’est à peine s’ils ont des cartes d’identité. Nous leur montrons nos visas et leur annonçons que nous tenons notre « laisser-passer » du gouvernement et ce pour une durée de 6 mois.

Outre les terroristes, ils se méfient aussi des gringos (en particulier américains) en prospection pour trouver des minerais. Pour eux, la pire des choses qui puisse leur arriver. Les normes de sécurité et d’exploitation minière ne sont pas aussi contraignante que par chez nous et pour les paysans, l’exploitation d’une mine à coté de leur champs c’est la mort assuré. Par la pollution directe qui rend infertile leurs champs, et indirecte à cause du mercure qui restera sur place une fois tout le minerai extrait. « Les américains prennent les richesses chez eux et nous laissent le mercure ». L’industrie n’est pas très développée et la valeur ajoutée sera pour les USA.

Nous avons eu le droit à une « cacha pari » pour notre départ de Lari. Fête traditionnelle organisée à l’occasion du départ d’un des habitants pour un long voyage. Après une heure et demi de danse traditionnelle (qui nous a usé avant même d’avoir commencer à marcher) et les discours de circonstances (là-dessus les péruviens battent haut la main  les africains), nous sommes partis à la conquête du Nevado Quehuisha à 5 179 m.  Accompagné par Steeven (expat’ breton), Gray (britannique volontaire dans une ONG locale) et son âne Wilson, et Adam, propriétaire de la zone de pâturage d’où jaillit la source de l’amazone. Adam nous servira de guide et balisera le chemin avec nous.

Vous vous demandez surement comment peut-il y avoir une zone de pâturage à plus de 5 000 mètres ? Dans les Andes le climat n’est pas du tout le même que chez nous et la vie y est encore présente. Rappelons par exemple que la vigogne (cousine du lama) ne vit pas à moins de 4 000 m d’altitude et que l’herbe y pousse en abondance. En revanche, pour trouver des arbres il faut descendre à 3 800 m.

Les paysages à ces altitudes sont désertiques. Ils nous font parfois penser aux steppes d’Asie centrales. Les territoires s’étendent à perte de vue et lorsque l’on rencontre un berger (ou plutôt gardien d’alpagas, bien qu’il ait souvent quelques moutons dans le troupeau), il est difficile de le quitter tant il est heureux de voir passer quelqu’un et de discuter avec lui.

Discuter n’est pas forcément le terme adéquat. Avoir de la compagnie serait plus approprié. Ils ne parlent pas tous espagnol, le Quechua reste encore une langue bien vivante et lorsqu’ il parle castillan dans la campagne il le mélange souvent avec la langue de leurs ancêtres. Le Pérou est un pays rural et le créole reste la langue dominante dans la campagne qui représente 90 % du pays.

Pour eux, c’est un honneur que deux gringos puissent entreprendre un tel voyage avec des lamas. Eux-mêmes les ont reléguer bien souvent au rang d’attraction touristique leur préférant les ânes quand ce n’est pas la moto ou la voiture s’ils en ont les moyens.

L’accueil est ici chaleureux, et les fans club toujours aussi nombreux lorsque nous entrons dans un village. Sur la route quand nous croisons des motos, voitures, camions ou bus, outre les klaxons, ils leur arrivent de s’arrêter pour une séance photo. On se demande souvent qui est, d’eux ou nous, les touristes.

Nous nous levons avec le soleil vers 05H00, plions le camp, et commençons notre marche vers 07H00. Vers 08H00, première pose, tant les rayons du soleil commence à chauffer. Il est temps de retirer quelques couches de vêtements. Les nuits sont froides et l’eau potable restée dehors se retrouve le matin gelée. La température peut atteindre -10° la nuit contre 25° durant la journée. Vers 16H00, le soleil décline et nous nous arrêtons au premier lieu qui pourrait accueillir notre bivouac. A 18H00, la nuit nous entoure, le temps de dîner, à 20H00 au plus tard nous sommes dans nos duvets.

Comme nous le disions tout à l’heure, nous traversons de grandes plaines désertiques et des canyons. Pour le ravitaillement en eau, le problème ne se pose pas vraiment, nous suivons au plus près l’Amazone (nommé le Rio Apurimac à ce stade du voyage), pour ce qui est de faire du feu sans bois, il nous a fallu maîtriser les techniques locales. Iareta quand nous sommes dans les hauteurs et bouses de vaches et herbes séchées un peu plus bas. La iareta est un champignon d’altitude qui brûle comme du charbon quand il est sec. Il ne pousse qu’au dessus de 4000m et quand nous sommes plus bas, quelques brindilles sèches suffisent à démarrer un feu de bouses de vaches ou de crottins de lama séchés.

Nos Lamas auront mis quelques jours à s’adapter à notre présence et à nous identifier comme leurs maîtres. Bernard et Serge (nos Lamas) ont leur petit caractère et nous sont de bonnes compagnies, en plus de nous apporter un contact autre que pécunier avec les populations rencontrées. Les débuts n’ont pas étaient forcément faciles et nous ne les avons lâchés sans « laisse » qu’ ‘au bout d’une semaine. Nous formons désormais un troupeau à quatre. Nous complétons au passage leur dressage. Ils ont été dressés pour porter mais pas non plus pour passer partout. Ils ont horreur de se mouiller les pattes. Passer un marécage prend des années, et passer un pont reste encore impossible. Par contre, nous arrivons maintenant sans problème à leur faire passer des ruisseaux voire des rivières à guet et même à marcher sur des plaques d’égouts. Nous apprécions leur agilité et leur pas sûr, qualité que nous ne connaissions pas.  Nous avons bon espoir de leur faire passer les ponts d’ici deux semaines. Ils apprennent vite et ils prennent confiance en nous. A présent quand Bernard s’attarde sur une touffe d’herbe et que nous prenons 50 m d’avance, plus besoin d’aller le chercher, il suffit de le siffler en faisant tourner notre corde (qui nous sert de martinet, non pas pour les frapper mais pour les faire avancer, nous faisons tournoyer la corde au dessus de nos têtes ce qui provoque un bruit qui suffit à les encourager à avancer) et Bernard rapplique au galop de peur de perdre son troupeau.

Nous essayons le plus possible de respecter la hiérarchie qui s’est installé entre eux. Serge représente le male dominant et Bernard le dominé. Serge passe le premier et Bernard suit. Il arrive que Bernard tente de défier Serge, nous intervenons aussitôt. Ils ont échappé à notre contrôle deux fois pour se battre. Résultat : Bernard traumatisé pour 30 minutes. Le regard hagard, ne sachant même plus mâcher ses brins d’herbe. La première fois qu’ils se sont affrontés, c’était dans un canyon que nous devions descendre, à la tombée de la nuit. Nous avions alors à les descendre chacun leur tour et débâter Bernard pour le calmer. On ne l’avait jamais vu dans un tel état. On pensait qu’il allait nous faire une crise cardiaque. Trente minutes plus tard, il broutait tranquillement pour notre plus grand soulagement.

Nous prenons grand soin de nos animaux, contrairement à ce que peut penser la population. Ils ont 15 kg de charge chacun et les faisons marcher en moyenne 25 km par jour avec une pause de 30 minutes toutes les deux heures environ pour les faire paitre. A cela s’ajoute une journée de repos par semaine. Quand les caravaniers faisaient marcher leurs animaux jusqu’ à quatre heures entre chaque pause pendant 15 heures par jour, pendant trois semaines d’affilées avec entre trente et quarante kilos de charge. En croisant les péruviens, nous n’écoutons plus les « pauvres lamas, regarde comme ils sont chargés » « regarde comme ils sont maigres » «  ils ont faim, et sont fatigués, il faut qu’ils se reposent », le pire arrive lorsque nous marchons dans le sable, qu’ils décident de prendre un bain de poussière et que nous croisons quelqu’un. Ils s’assoient et nous intervenons immédiatement en tirant leurs oreilles (point sensible) pour les faire relever. Les péruvien comme nous l’avons dit plus haut, ont abandonné les lamas pour la voiture il y a longtemps et ne savent pas ou plus comment se comportent ces petits camélidés. Dans ces moments, en nous voyant, nous deux gringos avec des lamas en train de leur tirer les oreilles ils pensent toujours que nous les maltraitons. Les lamas ne courent plus les campagnes et les seuls camélidés qu’ils croisent sont des alpagas engraissés pour leur viande et élevés pour leur laine. A coté, nos animaux paraissent bien chétifs. Mais les lamas ont une constitution tout comme les vigognes qui ne leur permettent pas de grossir comme leurs cousins. Ils seront toujours minces (et plus encore en voyage où ils s’affinent un peu). Ce sont des animaux rustiques.

Comment les avons-nous trouvés ? ça n’a pas été facile.  L’âne a remplacé depuis longtemps le lama comme animal de bât, et la moto supplante petit à petit l’âne lui-même. L’âne est certainement plus docile, et plus pratique que les lamas car il peut porter jusque 80 kg contre 40 kg pour un lama. Il se déplace à une allure légèrement supérieure et il a l’avantage d’être beaucoup moins difficile et capricieux. Il mange de tout. Désormais, le lama sert essentiellement de nourriture et trouver des lamas de charge n’est pas aisé. A force de recherche, nous les avons trouvés à deux jours de marche de Lari (et oui, il a fallu les ramener à pied), chez un guide touristique à Sibayo qui élève des lamas pour effectuer des trek de montagne.

Pour ceux que ca intéresse, voici une petite fiche technique sur le lama :

Il est de taille moyenne, plus petite que chameau et dromadaire. C’est le plus grand camélidé du Nouveau Monde : poids 80-120 kg, hauteur au garrot 1,25 m. Il n’a pas de bosse. Ses oreilles sont plus longues et ses pieds plus fendus que le chameau. Il est un peu plus grand que le guanaco, il est pourvu de callosités aux genoux et à la poitrine. La toison est longue et épaisse. La robe varie beaucoup.

Origines du lama : Il a été domestiqué vers – 5500 à – 5000 dans les Andes.
Répartition. Lamas et alpacas vivent dans les Andes en Amérique du Sud pourvues d’une végétation alpine herbacée : Bolivie, Pérou, Argentine, Chili, Equateur et Colombie. Ils résistent à la sous-nutrition saisonnière. Dans le haut plateau du Pérou, c’est un animal domestique. Le lama a été introduit en Europe, en CEI et aux USA.

Mœurs.Il est très doux. Il se défend en crachant de la salive mêlée à des aliments.

Utilisations : Il est utilisé au bât comme bête de somme (80-100 kg) et pour la boucherie, accessoirement pour le lait et le fumier. La fibre est peu utilisée (chapeaux, tapisseries, liens, etc.).

Vous pouvez réécouter notre passage du 31/10/11 sur le mouv (Intervention à la minute 08:00) sur :

http://www.lemouv.com/emission/allo-la-planete-0

Nous avons publié quelques vidéos consultables sur le site internet ou via les liens suivant :

-       http://vimeo.com/31492525

-       http://vimeo.com/31510289

-       http://vimeo.com/31530271

-       http://vimeo.com/30049298

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Objectif Amazone – Newsletter #1
Lille – Lari / Nouvelle source pour l amazone / 7 000 km

Nous venons d’arriver hier dans le petit village de Lari, au pied du
Nevado Mismi. Il y a trois ans c’est ici qu’une autre expédition menée
par Ed Stafford avait commencé son ascension vers la source de
l’amazone. Nous goutons au joies des petits villages de campagne
péruvienne. Le soleil se lève vers 05H00 accueilli par le chant du
coq, suivi de près par les ânes et les chiens qui n’auront de cesse
d’aboyer de plus en plus jusqu’à ce que l’on vienne les nourrir. A
06H00 tout le monde est debout et la journée commence. De toute les
manières il est difficile de pousser la nuit beaucoup plus loin tant
les hauts parleurs de la ville (dont nous ne comprenons rien tant ils
grésillent) crachent des informations à destinations des villageois.
Le Pérou n’est pas une dictature pas plus qu’un gouvernement
communiste mais les informations s’enchainent dans les rues. Nous
sommes sur un rythme de 12H00/12H00 environ. 12H de soleil et 12H de
nuit. Le soleil se couche vers 18H. Nous profitons donc un maximum des
rayons du soleil et nous couchons tôt. Avec un record à 19H. De toutes
façons à partir de 18H tout est fermé et il n’y a plus rien à faire.
Avec le crépuscule, la température tombe en flèche. A 3 000 m, le
thermomètre joue au yo-yo avec le mercure. En journée nous sommes en
t-shirt et la nuit sous trois couvertures.

L’équipe municipale nous a très bien accueilli et nous abooké un RDV
avec « el Alcade » (le gouverneur de la région) mercredi. Ils viennent
de mettre il y a une semaine une plaque à l’endroit où l’amazone prend
sa source. Le 07 septembre 2011, nous apprenons qu’ un pave a été
jette dans la marre. Apres une enquête réalisée au cour de ces 15
dernière années par une équipe internationale (polonais, russes,
italiens et péruviens) , nous apprenons que finalement la source de l
amazone ne se trouve pas au Nevado mismi comme cela a été officialise
en 2001 mais au Nevado Quehuishay a 5 179 m tout proche. Ce qui en
fait a présent indiscutablement le fleuve le plus long du monde avec 7
000 km contre 6 800 km jusque maintenant (a égalité avec le Nil). Nous
serons donc les premiers a réalisé la descente de l amazone de la
nouvelle source a l embouchure ! mais jusqu’à présent aucun sentier
(balisé ou non) n’existe pour s’y rendre. Il existe pourtant bien un
sentier qui traverse la montagne de Madrigal (le village d’à coté) à
San Ignacio mais aucun pour rallier la source. Le deal est le suivant
: nous baliserons avec deux employés de la commune le chemin jusqu’à
la source et le rallierons au sentier existant seulement distant de 2
km de la source contre son aide pour tracer le chemin.

Trouver des Lamas se révèle un peu plus difficile que prévus. Il y a
quelques lamas dans la région mais sauvage pour la plupart d’entre eux
et habitués à marcher en caravane. Si nous n’en prenons que deux, ils
risquent de ne pas avancer. Tout le monde ici nous le déconseille et
nous indique plutôt de prendre des mules. Plus pratique et fiables.
Nous y réfléchissons sérieusement. Nous devrions partir mardi 04
Octobre si tout se passe bien.

L’attente est longue. Presque trois semaines avant le lancement
effectif d’Objectif Amazone. Mais pouvions nous faire autrement ? Nous
avons passé plusieurs semaines à presque 4 000 mètres. Une période
d’acclimatation était nécessaire. Notre arrivé à La Paz fut assez
épique d’ailleurs puisque nous sommes arrivés en pleine grève
générale. Pas un bus, pas un taxi pour aller jusqu’au centre ville à
environ 5 km de l’aéroport. Heureusement la ville se trouve dans une
cuvette. Malgré l’altitude une bonne heure de marche plus tard, nous
étions arrivés à destination.

A présent, nous sommes heureux d’avoir quitté La Paz où nous nous
sommes acclimaté à 3 600 m et ou nous avons pu tester l’équipe et le
matériel sur le trek delChoro qui culmine à 5 000 mètres. Nous nous y
sommes rendu les mains dans les poches. L’ayant déjà effectué il y a
presque deux ans lors de mon tour du monde en solex, je savais qu’il
ne représentait pas de difficulté majeur sauf, sauf quand on oublie à
la fois et ses chaussures de marche et ses lunettes de soleil à
l’hôtel … Arrivé à la Cumbre (4 750 m) sous la neige, nous commençons
à nous habiller un peu plus chaudement et Charly, en scandales,
s’aperçoit  qu’il n’a pas pris ses chaussures de marche. Idem pour ses
lunettes de soleil, restaient à l’hôtel. Bravo ca commence bien.
Quelques sachet plastique hermétiseront ses chaussettes. Il ne devrait
y avoir que 4H de marche sous la neige. Ca devrait passer. Et
finalement c’est passé. Au sommet à 5 000 m, pendant la pause
déjeuner, juste un changement de sachets plastique a été nécessaire.
Après trois jours de marche retour à la Paz pour le bilan. Matériel
Ok, Equipe -1. Sophie qui devait nous accompagner pour les 800 km de
marche à pied déclare forfait. Elle s’est blessée pendant le trek.
L’équipe se retrouve amputé d’une co-équipière. Nous continuerons à
deux avec Charly. Peut être viendra t-elle nous accompagner plus tard
sur le chemin quand ca ira mieux pour elle.

Les bonnes connexions internet ne courent pas les rues ici et ne
serait-ce qu’écrire un mail relève parfois du parcours du combattant.
Tout prend beaucoup de temps ici. Nous sommes impatients de prendre la
route. Depart : Mardi 04 Octobre 2011.